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Bic et Or 

Une recherche actuelle alliant stylo Bic et feuille d’or, explore la tension féconde entre la simplicité du trait et la noblesse symbolique de l’or. Ce contraste crée un langage visuel épuré, vibrant, qui évoque la lumière intérieure, la transparence du réel et la dissolution progressive des filtres qui obscurcissent notre perception. Chaque œuvre semble inviter à un déplacement du regard: non plus voir en surface, mais sentir ce qui rayonne en silence.

Archéologie du regard

Série 4

Série 3 

Série 2 

Série 1 

Pourquoi, quand je travaille au Bic,

le bleu me fait l’effet d’un gâteau au chocolat – Je commence… et je ne m’arrête plus.

Quelque chose s’ouvre,

une satiété douce, presque animale,

un calme qui s’installe dans le corps.

Le geste devient tactile,

accordé.

Et peu à peu

disparaît cette sensation de manque,

ce léger désaccord avec le monde.

On devient plein.

Présent.

Accordé à ce qui est là –

simplement.

Alors l'œuvre ne se fabrique pas,

Elle advient.

Au fur et à mesure

queue l'harmonie se fait plus subtile,

plus fine,

plus consciente d'elle-même,

la page se rempli de bleu.

Peu importe la forme,

peu importe le sujet –

c'est toujours la même naissance :

celle d'une obscurité bleu

qui éclaire.

Pourquoi le bleu?

Comme une mémoire.

Non –

une mémoire.

La mémoire de l'eau.

De la mère.

De ce dont nous venons.

L’eau est transparente,

et pourtant elle est bleu.

On pourrait l'expliquer –

mais ce n'est pas le lieu.

Ce qui compte :

nous le savons déjà.

Le bleu est inscrit en nous.

il est une origine.

Ma manière de travailler :

des petits cercles.

Toujours.

Des cercles

qui se superposent,

s'enchaînent,

glissent en spirale.

Une spirale faite de presque rien –

un gribouillage.

Ce mêmes gestes

que ma mère faisait au téléphone,

que ma grand-mère tracé

pour calmer une pensée,

que l’enfant dessine

sans savoir pourquoi.

Et queue, plus tard,

tout le monde fera encore.

Pourquoi ces ronds ?

Qu'y a-t-il là,

de si insistant,

de si universel ?

Un jour, on me demande :

comment avez vous pu travailler

huit ans...

des gribouillages

avec tant de virtuosité ?

Je remercie –

mais ce n'est pas ça.

La virtuosité ne m'intéresse pas.

Ce qui m'intéresse,

c'est de répondre aux gestes.

Je dis :

Ce sont des cercles,

qui s'inscrivent dans une spirale,

qui se déplace légèrement,

à droite, à gauche,

selon la nécessité du bleu.

Et en parlant

maman dessine dans l'air.

Je vois.

Les cercles.

Les spirales.

Et soudain –

évidence :

l’ADN

Je n’ai rien inventé.

Personne n’invente.

Nous continuons.

Nous prolongeons.

Nous exécutons la vie

plus que nous ne la créons.

Ces petits cercles

ne sont pas «mon» langage.

Ils sont

le langage.

Ce que chacun fait

sans y penser,

ce que chacun fera encore.

Nous signons notre ADN

dans un gribouillage.

Là où l'intention de disparaît,

là où cela ne «vaut rie».

Un gribouillage – rien.

Un Bic – rien.

Et pourtant.

Dans cette pauvreté apparente,

tout est là.

Le bleu,

l’origine,

l'eau,

la mémoire.

Alors je comprends

pourquoi je ne peux pas m’en empêcher.

Cette simplicité quotidienne,

ce design banal –

et en réalité

absolument juste.

Faire des ronds.

Encore et encore.

Pour laisser apparaître

une émotion,

un état,

une vision.

Ouvrir, peut-être,

un espace de confiance.

Et l’or.

L’or comme le soleil.

Ce qui chauffe,

ce qui donne vie.

Le sacré

que toutes civilisations

ont reconnu.

Bleu et Or

sans théorie.

Sans système.

Sans construction mentale complexe.

Le chemin ne se pense pas.

Il se fait.

Dans l’inconscient.

Et en le faisant,

quelque chose en nous

regarde –

et découvre

qu’il existe

une autre intelligence.

Hors du mental.

Hors de la tête.

Hors de toute prétention.

Quelque chose

qui agit

malgré nous.

Parce que nous suivons

cette force intérieure,

set instinct silencieux

qui nous fait faire

ce que nous ne savons pas encore

que nous faisons.

Stylo Bic et feuille d'or 23,9kt
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